Jour de derby à Marius Lacoste du samedi 10 octobre 2020 par Guy Moncassin

En ce samedi de septembre 2020, cinq heures du matin, le coq se met à chanter chez Salvatore, « Au Chaudron Vert » chez Jacques, chez Bernard et Carlos. Le temps de se réveiller et de boire un petit café bien serré, les voici arrivés à Marius Lacoste pour ouvrir les portes du club house et investir leur lieu de prédilection… les cuisines. C’est qu’aujourd’hui, il y a fort à faire ! Sur un fond de musique de Hit FM, nos quatre acolytes se concertent pour se répartir les tâches. Le travail ne va pas manquer, mais ne dit on pas «  à cœur vaillant, rien d’impossible ».

Aujourd’hui c’est jour de derby de Marius Lacoste, un derby inédit contre le prestigieux Racing club d’Auch, qui tel le phénix, renaît des ses cendres. Un derby inédit dont l’honneur de recevoir le grand voisin, qui a donné tant et tant de noms glorieux, rejaillit sur l’ensemble du club Lomagnol.

Alors que l’aube vient illuminer les toits de tuiles rouges de la cité encore endormie, nos joyeux compagnons du devoir se plongent dans la besogne. Grande est l’occasion de démontrer une réputation qui a largement franchi le département. Du Pays Basque, du Béarn, de La Bigorre à l’Agenais en passant par la Cerdagne et même la lointaine Provence, l’unanimité est grande pour reconnaître que dans ce petit coin de Lomagne, l’hospitalité n’est pas un vain mot. Alors oui, pour toutes et tous les bénévoles, les anonymes, les sans grades, c’est aussi jour de fête.

De réunions en réunions, les présidents Michel et Jérôme, en chefs d’orchestre avisés ont donné le la ! Les musiciens Nicolas, André, Catherine de Paname, Marc, Lionel, Martine et Pierre, Laurent, Gilles, Raymond, Dominique, Serge, Philippe, Yves, Gérard Pinson ,Corinne, Frédéric, Jean -louis, Jean Jacques, Claude, Bernard, Gérard Lafforgue, Frédéric, qui connaissent sur le bout des doigts leur partition, dans un ballet bien rôdé et un tempo parfait, vont revêtir leurs habits de lumière.

Dans la semaine, sous la houlette des avisés et expérimentés Claude et Dédé, le stade s’est paré ses plus beaux atours, la pelouse d’un beau vert (Espoir déjà) est fraîchement tondue, pas un brin d’herbe ne dépasse ! Un vrai billard anglais ! Les lignes ont été tracées au cordeau. Les tribunes ont été toilettées, pas un papier ne traîne ! Marius Lacoste attend son heure.

Neuf heures, c’est la pause, après un rapide bilan, les cuistots dressent un premier satisfecit quand Valérie, Patricia et leurs consœurs s’invitent avec des viennoiseries bien chaudes et partagent un café réparateur, moment de détente et de bonhomie ou Jacques le facétieux va dégotter la «  Marie Jeanne »  pour booster les troupes. C’est aussi l’occasion de remettre un présent à Salvatore qui « prend sa retraite » ! Salvatore, c’est un monument d’humilité! Un homme de cœur et de devoir, merci Salvatore.

Au quartier général «  A la pente douce », c’est aussi le branle bas de combat. La veille, Patricia, Dominique, Philippe Pailhé, Marc, Raymond et Pascal Nelien ont dressé les tables. Lino, Philippe et Pascal Zachariades, les cuistots et leur équipe font feu de tout bois ! C’est qu’il va falloir envoyer de la « calorie » dans les estomacs des colosses et des vifs argents. En ce lieu si cher aux Fleurantins, où les murs sont porteurs de tant de moments festifs, la bonne humeur règne aussi en maître. Pour preuve, Philippe Pailhé, ce touche à tout aux talents divers, se plaît à dévoiler malicieusement le menu du jour : » assiette de charcuteries Gasconnes, côte à l’os et ses frites, plateau de fromages, croustade, le tout arrosé d’un bon vin d’Embidoure, café et liqueurs gracieusement offerts par la maison ! » Tonnerre d’applaudissement des joueurs qui en ont oublié presque l’essentiel, le derby. Du côté des staffs, c’est la soupe à la grimace ! « Mais non, je déconne ! Je me suis trompé, c’est le menu de ce soir ! En fait Vous allez vous régaler d’une assiette de crudités, d’une viande blanche / pâtes, salade verte, fruits ou laitage arrosé d’eau plate.  Sympa comme menu, hein les mastars ! »  Des murmures de désapprobations s’échappent de la salle tout autant qu’un ouf de soulagement du côté des staffs. Pascal, Lino lui enjoignent la parole pour souhaiter un bon appétit et bon match aux estomacs tout de même en éveil.

A Marius Lacoste, la matinée s’étire lentement, c’est que l’occasion demande un surcroît de travail, qu’à cela ne tienne, les bénévoles, tels des fourmis, s’activent au gré des blagues et de la bonne humeur ! L’équipe de service a habillé les tables de leurs robes bleues et blanches.

Les bars et buvettes accueillent les premiers supporters pour le sacro-saint apéro dominical qu’ils ne rateraient pour rien au monde.

Au même moment, midi retentit à l’horloge de l’église, donnant ainsi le coup de feu des festivités sur fond de musiques de bandas, ça boit sec, et le verbe haut, chacun évalue les forces en présence et les chances de victoire.

Au chapiteau que Serge Blanco couve de son regard bienveillant, toutes les tables affichent complet. A celle du maire de Lalanne, Gérard le poète déclame quelques vers de la « Grande Lulu » revisitée, sous un auditoire subjugué, dont le placide Jean Marie qui se perd en un fou rire communicatif.

Pourtant, un mal invisible et pernicieux rode, alors faisons lui un mauvais sort, bas les masques et haut les cœurs !

Du cœur, ils n’en sont point avares, les dirigeants et les bénévoles de l’ A. S. F. Alors oui, le dieu d’ovalie a rassemblé ses ouailles autour d’une bonne pinte ou d’un côte de Gascogne. Oui, la question est de savoir si les fiers gladiateurs de Claude, Laurent et Manuel d’une part, de Nicolas, Nathan et Bernard de l’autre sont fin prêts après une semaine très animée ou les conversations sont allées bon train dans les chaumières. Aux marchés du mardi et samedi, il n’est question que du grand dimanche, à tel point que le virus se met à bégayer, et remplir le cabas passe au second plan. Dans les bistrots de la ville, les piliers de comptoir jouent le match dans une haleine de houblon, jouant leur apéro dans un pronostic hasardeux. Les médias locaux et départementaux se sont emparés de l’événement pour en ont faire leurs choux gras.

A l’entraînement du vendredi soir, les joueurs ont fignolé les combinaisons de jeu, affiné leur condition physique et vont basculer dans une préparation individuelle de nature à se surmotiver. Au club – house, les Bernard, lino, Jacques en cuisine, les Marc, Philippe, Gilles le « bricolo de génie » et Dominique au service, leur proposent un menu choisi : salade composée, grillades accompagnées de pâtes gratinées, fromage, fruits. Après quoi, c’est le moment de détente autour d’une « binouse ! »

Alors oui, ne sont ils pas merveilleux tous ces supporters réunis à la table de réjouissances, faisant bombance et ripaillant autour du festin proposé : délices de la fermière entourés de gésiers confits et de magrets séchés, veau fermier de la Gatharre en sauce accompagné de son écrasé de pommes de terre, plateau de fromage de nos « Tuppares », pastis gascon, arrosé d’un cru de Château Montus talonné par un armagnac de la réserve de Jérôme ! Après quoi, ça va pousser fort dans les talanquères !

Entre la poire et le fromage, notre bel oiseau s’est envolé vers son micro pour annoncer la composition des espoirs les bien nommés :

Première ligne : Q. VIGNASSE / M. TORRES / J. DALLAROSSA. Deuxième ligne : T. ZANCHETTI / F. MILLAU (Capitaine). Troisième ligne : L. YBORRA / A. VIDAL / G. PUYDUPIN. Demi de Mêlée : H. PAILHE. Demi d’ouverture : T. COELHO Centres : C. FRANCOIS / G. DELSERRE. Ailiers : L. LERAITRE / M. MICULICH. Arrière : K. ROCHELLI. Finisseurs : G. YUSTE, G.DEFIERKOWSKY, J.MOULIE, M. BEGUE, L. LEBOUCHER, M.DEVALLE, B.GARRIGOS, P.CHARLES. Manager : C.PALACIN. Entraîneur : L .ESPINASSE/ M. BORI Arbitre de la rencontre : A. SOUQUET.

Après une entame de championnat parfaite, les hommes de Laurent et Manu n’entendent pas s‘incliner devant leurs homologues Auscitains, (dans le public, un spectateur fait remarquer que bon nombre de ces jeunes joueurs sont issus de la formation Massylvaine). D’autant que la foule se presse aux guichets et que « Muna » distribue des tickets de bourriche comme des petits pains. Celle-ci prend possession des tribunes et vient s’agglutiner autour des mains courantes.

Dans les rangs des joueurs locaux et en particulier du staff, la peine est grande, Hélène, la belle étoile du club s’en est allée, sa joie de vivre, son implication et sa simplicité en auront marqué plus d’un et en particulier Claude qui demandera à ses hommes d’aller chercher ce supplément d’âme pour lui rendre un bel hommage.

Pour Captain Millau et ses boys, pas besoin de grandes envolées, il s’agit de montrer la voie, la main sur le cœur et les jambes de feu. Des piliers à l’arrière en passant par les inépuisables chasseurs de ballons sans oublier les maestros qui trient les ballons pour la cavalerie, tous magnifiquement unis dans un même élan, ils se jettent sans calcul dans un duel chevaleresque que les visiteurs, soutenus par leur kop rouge ,contesteront jusqu’au bout. Le combat fut rude et âpre, en témoignent les deux cartons rouges. La victoire fut longue à se dessiner, après un premier essai de L. LERAITRE transformé et de deux pénalités de l’arquebusier T. COELHO, l’essai de K. ROCHELLI sera une offrande toute teintée d’émotion en direction du banc. Tout là haut, Hélène applaudit à tout rompre.

Alors, les tribunes se lèvent d’un seul bond pour congratuler ces jeunes pousses, qui tels les lutteurs dans l’arène, vont recevoir leurs lauriers des mains de César ! Car cette équipe surprend encore et toujours à chacune de ses prestations. Modestement, les jardiniers esquissent un petit sourire de contentement, ils ont bien bossé aussi !

C’est la pause, alors qu’un flot de fans venus de tout le département continue d’arriver, l’ours mascotte du club y va de son tour de piste, recueillant des selfies auprès des plus jeunes.

Dans le carré des personnalités, Monsieur le préfet, Messieurs les maires de Fleurance et d’Auch, conseillers départementaux et édiles locaux échangent les civilités d’usage et congratulent Michel Courtes et Jérôme Lhospital pour leur accueil et le succès de cette rencontre. D’un même concert, ils s’accordent à dire, qu’en dépit d’un contexte difficile, la fête est déjà réussie, admiratifs de constater que les bonnes fées du bénévolat ont posé leurs yeux de Chimène sur ces dizaines et dizaines de femmes et d’hommes.

Dans une atmosphère où le magret grillé, laissant échapper ses effluves, connaît un franc succès, aux buvettes, le houblon coule à flots. Au bar de Philippe «  le comédiante », Jérôme, Pascal Zachariades et Nicolas débordent d’attention pour faire mousser « la pression ». Faut dire que la température monte d’un cran au moment où le joyeux drille annonce au micro la composition des équipes. Du côté du RCA, les entraîneurs G.MENSKARKA et T.BOSQUE alignent leur équipe type, auréolée d’un titre de champion de France et de deux montées successives. Le début de saison a vu la formation faire preuve de talent à domicile et grappiller des bonus défensifs à l’extérieur.

Crachotements dans le micro : « chers et fidèles supporters, mesdames, mesdemoiselles et monsieur, bienvenue à Marius Lacoste, voici la composition des équipes ». Après avoir énuméré les joueurs D’Auch dont il est permis de retenir les noms de quelques briscards ayant fait les beaux jours des ciels et blanc, la compo Fleurantine est dévoilée : Première ligne : B. PAGOAGA / G. MANSO / G.VEPKHVADZE Deuxième ligne : M.COURTES / J.A VENTER. Troisième ligne : T. CLERMONT (Capitaine) / P. TOUTON / L. BEVILACQUA. Demi de mêlée : P. LANAVE Demi d’ouverture : L DECAVEL. Centres : S. ANDREU / J. BRETHOUS. Ailiers : T. CANTALOUP / L. ESPINASSE. Arrière : I. PARAT. Finisseurs : A. LOPEZ / G. MENABDISHVILI / X.CHIARI / D. CAMACHO / M. BOUISSET / R. MUAGUTUTIA / R. CERVANTES / F. ABADIE. Manager : N. DUPOUY. Coachs : M. CARRE / B. DE GIUSTI . Arbitre de la rencontre : Monsieur LE GALL et ses assesseurs M. MAESTRI et P. SOUPRE.

Le public est invité à se lever pour respecter une minute de silence en l’honneur de sportifs Fleurantins trop tôt disparus, les joueurs qui ont fait leur entrée sur le terrain se regroupent au centre du terrain, se serrent les uns contre les autres dans un même élan pour un hommage vibrant ! Une minute de silence poignante, une minute pour l’éternité.

15h30 :L’arbitre Mr LE GALL du comité de Nouvelle Aquitaine, après s’être assuré que du côté des bancs, les soigneurs, kinés et juges de touches sont bien en place, jette un coup d’œil aux joueurs, donne le coup d’envoi de la rencontre.

Au même moment, en coulisse, se joue un match contre la montre : Patricia, Valérie, Véronique, Sylvie, Pascal Buisson, Angélique et Ophélie, José et bien d’autres débarrassent les tables, nettoient ; balaient, sont de corvée de vaisselle avec les cuistots pour la mise en place de la réception d’après match. Marc et Laurent, en bons responsables mettent la main à la pâte.

Sur le pré, les ciels et blanc envahissent le camp adverse. Après un round d’observation, les visiteurs se mettent à la faute, l’arbalétrier P. LANAVE, en bonne position, pose le ballon sur le « machin en plastique », ajuste sa première flèche bien haut au centre des perches en direction du clocher ! (L’histoire ne dit pas que Monsieur l’abbé de la paroisse désertée en fit tomber son missel pour recueillir dans ses bras le cuir et d’un maître shoot le catapulta au centre du terrain !)

Alors, sur l’engagement, les costauds de la préfecture tentent de mettre en place un plan de jeu avec des joueurs talentueux. Devant le combat fait rage, nul ne veut céder un pouce de terrain. Tout à coup, mêlée, bel effort du mille pattes local, la maison rouge s’arque boute et se brise, les gaillards auscitains virent à l’écarlate, les ciels et blanc voient rouge…Pugilat…Marrons…Quelques noms d’oiseaux, allez savoir ! L’arbitre, un rien bedonnant et passablement irrité, est déjà sur les lieux. Le souffle court, pas loin d’en perdre son sifflet ! « Messieurs, écoutez moi bien, vous échangez des gnons, que dis-je,  des horions !, moi, je vous préviens, vous êtes de bien gentils trublions, mais vous allez goûter à mes cartons ! Messieurs les capitaines, reprenez en main vos chenapans ». Capitaine CLERMONT réunit ses avants : «  Putain, les cubes, arrêtez de faire les cons, on les concasse, o.k, virils mais corrects » en s’échappant un coupable clin d’œil. Le jeu reprend, s’ensuit une pénalité d’égalisation de l’arquebusier Auscitain. La partie est âpre, la cavalerie est aux écuries. Les tifosi rouges «  Tous pour un, tous pour le RCA » donnent timidement de la voix. La foule, assoupie est tout juste sortie de sa torpeur par P. LANAVE qui, comme Guillaume Tell décoche à espaces réguliers ses traits.

Mi- temps, c’est la ruée vers les tavernes à ciel ouvert, les aubergistes n’en ont point assez de leurs mille bras pour étancher tant de gosiers. La sono énumère les numéros des nombreux gagnants de la bourriche. Au ça et là des conversations, chacun s’accorde à dire que, pour le moment, la montagne a accouché d’une souris et bien malin qui pourrait s’avancer sur le nom du vainqueur.

Dans les vestiaires, après un temps de répit, les kinés réparent les petits bobos, les esprits s’apaisent. Les coachs, après analyse, redéfinissent la tactique et remobilisent les troupes : « on ne lâche rien, on est chez « NOUS, A MARIUS LACOSTE ».

Deuxième mi-temps, toujours énormément d’engagement, c’est un bras de fer avec un tempo très élevé ! Il faut bien s’accorder que les deux formations vont puiser au fin fond de leurs âmes de Gascons des ressources que n’aurait pas renié Messire D’Artagnan. L’horloge tourne lentement en faveur des Fleurantins. Maître Lanave envoie pour la cinquième fois l’ogive fendre l’air en direction des pagelles qui va se perdre dans les méandres du Gers tout proche.

Alors, les redoutables bretteurs Auscitains, vexés, retrouvent des couleurs, se jettent sur tous les ballons, les voici lancés dans une sarabande endiablée. Balayant le terrain d’un éclair de génie, c’est la terre promise, le Graal de tout rugbyman, l’essai, lequel sera suivi de son petit écot de deux points.

Le vent va-t-il tourner, frémissements dans le stade quand D. CAMACHO, de sa foulée majestueuse, pénètre dans la fosse.

Dans le camp des rouges, s’ensuit une touche, d’une détente phénoménale, l’albatros happe le cuir, transmet à son talonneur qui, au relais, enclenche un maul compact et conquérant. Quand le ballon échoit à R. MUAGUTUTIA, le plus Fleurantin des Samoans, celui-ci surgit tel un tigre de sa cage et ne voit que la terre promise, à sa gauche, un cavalier surgit, «  Ritchie, balle, balle! ». Hélas, une cuillère assassine envoie notre colosse dans l’herbe tendre, la meute rouge lui tombe dessus, pénalité, Ritchie ne voulait pas rendre le ballon !!!

Fin de la rencontre, fourbus, harassés, les joueurs, recueillent avec fierté les vivats d’un public, ravi d’avoir assisté à un beau derby. Baudouin range ses éponges magiques, Habib s’autorise quelques clichés.

Au gré des conversations de la foule masquée qui, de la menace, lui a fait un bras d’honneur, on pouvait entendre : » Bien joué », ou « rendez vous à Jacques Fouroux », » le match retour sera prometteur » ou bien » quel pack de fer que celui des Fleurantins »

Les glorieux vainqueurs se retrouvent au centre du terrain en se promettant que si la victoire est belle, l’humilité reste de règle. Puis après un tour d’honneur mérité, chacun s’en va embrasser une épouse, quémander le sourire énamouré d’une fiancée ou prendre son enfant dans ses bras, voire saluer des amis.

Il est alors temps pour Lino, Jacques, Carlos, José, Patricia, Toto « la dynamo », Philippe de regagner les buvettes. Le public afflue de toutes parts, les joueurs sortent des vestiaires, tous unis fraternellement. La victoire est belle, célébrons-là, la défaite est cruelle, noyons-la !

Dans le carré des V.I.P. Michel se mue en hôte heureux et donne rendez-vous aux personnalités à sa palombière. Le salmis mijote dans l’âtre.

Grande cohue au club house et autour des zincs, où sur des airs de « Paquito, Baïona Banda, Aquèros montagnos », Patricia, Valérie, Angélique, Raymond est autres ont rivalisé de savoir faire, d’ingéniosité et de talent pour dresser un buffet où les fleurons de Lomagne vont ravir nos fiers Gascons gourmets.

Tout à coup, Gérard l’ambianceur, en tenue de soirée lance le «début de la soirée » : « ET ON CHANTE, CHANTE CET AIR DE FOLIE ! ET ON TAPE, TAPE, ASF, ASF DE FOLIE ! REVEILLE EN NOUS LE TOURBILLON QUI AMENE L’ASF AU BOUT DE LA NUIT !  ! ET ON TAPE, ASF, ASF DE FOLIE ! ».

Les regards se croisent, pleins de lumière, on peut y lire de la fierté, du bonheur. Marius Lacoste est en fête, ivre de joie, de musique, ivre de bonheur.

Les grands argentiers Francis, Jean -Louis, Jean Jacques et consorts esquissent un petit sourire de contentement, et en trinquant à la bonne fortune du ciel, se disent que le magot vient de s’enrichir de deux victoires.

Pour Catherine de Paname, Lionel, Yves, Corinne, Frédéric, André, Philippe, Nicolas, Claude, Gérard, Marc, Martine, Pierre (Chers oubliés, veuillez bien daigner accepter les excuses d’un tout jeune supporter novice), c’est déjà, un nouvel acte à écrire, rendez-vous mercredi soir ! Tout le monde sera présent.

Au petit matin, alors que la cité est assoupie, quelques fêtards refont le monde ! Les joueurs, dans les bras de Morphée rêvent d’un bout de bois !

Le rideau est tombé sur Marius Lacoste. !

Guy Moncassin